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Ihdi Oros

Ihdi Oros, Chapitre 1, par Muaddid, le 20 juillet 2003.

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Ihdi Oros

Chapitre 1

La lune pâlissait légèrement les collines lointaines, ce qui leurs donnèrent une teinte laiteuse. La jeune femme les regardait avec une paisible intensité. Elle les imaginait comme des têtes fantomatiques issues du sol ; des entités spectrales qui jetaient un oil curieux sur la réalité qu'elles ne pouvaient toucher. Pendant un instant, elle crût voir surgir, venant de l'horizon derrière ces collines, des créatures cauchemardesques, qu'elle avait déjà affrontées dans son passé. Sa réflexion paisible prit une inflexion quelque peu angoissante qui l'extirpa de cette rêverie. Machinalement, la jeune femme prit le télégramme qu'elle reçut quatre jours plutôt et vérifia l'heure inscrite pour ce rendez-vous. Il restait environ trente minutes avant l'arrivée de l'auteur de ce télégramme. Elle jeta un nouveau regard sur ces collines et un léger frisson s'empara de son cou pour lui baiser la nuque de son haleine froide ; elle venait d'apercevoir une légère lueur qui semblait suivre un itinéraire précis. La jeune se mit à rire intérieurement quand elle s'aperçut que cette lueur appartenait aux phares d'une automobile. Décidément, cette escapade passée l'affectait encore quelque peu. Elle remit le télégramme dans son sac et, pour éluder le paysage sis à l'horizon devant elle, derrière les collines, elle tenta de mettre un visage sur l'auteur de cette missive. Louis Hoccard était le nom de l'envoyeur. Elle avait entendu parler d'un certain Hoccard, un archéologue assez particulier. Le type effectuait des recherches pour son compte ou bien pour des organisations criminalisées. Elle ne l'avait jamais rencontré et, que ce soit celui-ci qui lui ait demandé ce rendez-vous, la laissait sans inquiétude mais un peu curieuse et amusée. Elle décida de relire ce télégramme avec une attention plus particulière pour étayer sa théorie.

" Bonjour Miss, j'aimerais vous rencontrer au Café du Vent Hurlant (le nom est écrit en grec) situé sur l'île de Crète dans la ville de Fourfouras... Venez seule. Je serais seul aussi. "

- Hum ! souffla-t-elle doucement. Rien ne me prouve que ce type viendra seul, mais cette référence sous-entend une certaine crainte ou une inquiétude de sa part. Ce genre d'allusions laisse entendre un style de vie peu sûr. Ça devrait être cet homme.

Il rit doucement et replaça le télégramme.

- Madame, avez-vous besoin de quelque chose car nous allons fermer bientôt, demanda une voix masculine en grecque.
- Rapportez-moi un café. Et... Est-il possible de rester sur cette terrasse bien vous soyez fermé. Elle dit cela tranquillement, car sa maîtrise de cette langue était récente.
- Sans problème Madame. À condition que vous ne demeuriez pas trop longtemps tout de même. L'homme aussi répondit lentement cette fois-ci.
- Merci. Ça ne devrait pas être long.

Le serveur se retirera à sa besogne et la jeune femme remarqua que la lueur des phares s'approchait grandement, au point presque de l'aveugler. La voiture se gara et un homme de petite taille en sortit. Il portait une chevelure éparse et grise. La jeune femme lui donna une cinquantaine d'années. Une canne noire faisait office de support de marche dans sa main gauche. L'homme avait un port élégant et modeste. Seule la bague à la main tenant la canne semblait ne pas faire partie de son accoutrement tellement elle reluisait la moindre lueur. Elle nota ce détail, elle ne pu faire autrement, comme un argument contraire à son analyse précédente de cet homme qu'elle voyait pour la première fois. Elle remarqua aussi que l'homme pouvait aussi bien marcher sans ce support sombre, cette canne devait sûrement cacher une arme blanche. Par contre, ce détail ne la rendit pas méfiante.

L'homme aperçut la jeune femme et se dirigea droit sur elle. À son approche, la jeune femme reconnut un visage las et usé. Il affublait un regard quelque peu méfiant, mais entêté. Parvenu à sa table, il s'assit en jetant ses yeux de part et d'autre comme pour s'assurer de la situation.

- Miss Croft, Je présume ?
- Vous présumez bien, professeur Hoccard, lança-t-elle poliment.
- Oh ! Oubliez le titre de professeur Miss Croft. Je n'appartiens à aucune faculté et ni effectuer des études dans le domaine. Je fais cette profession par passion et ...
- Et pour l'argent, répondit Lara comme pour annoncer le ton de la discussion.
- Vous êtes dure avec moi, Miss Croft. Mais me voilà avertit sur vos intentions et sur vos méthodes d'investigation. Bien. Ma réputation ne vous a pas échappé et j'en suis heureux. Je n'aurais pas besoin de me présenter en détail et ni chercher à vous obligez quoi que soit. Je serais donc bref. Pardon, ai-je le temps de commander un café, demanda-t-il au serveur qui venait apporter la consommation de la jeune femme.
- Bien sûr, monsieur Hoccard. Et se tournant vers Lara il ajouta : Puisque monsieur Hoccard est avec vous, je crois que vous pouvez demeurer aussi longtemps que vous le désirez. Monsieur Hoccard saura comment fermer la lumière extérieure.
- Oh merci, Alejandros. C'est bien cela Alejandros ? dit l'homme.
- Oui, monsieur, acquiesça le serveur poliment.

Lara tâtonna sa cuisse gauche pour vérifier machinalement la présence de son poignard. Elle portait une jupe assez ample allant jusqu'au genou pour dissimuler cet attirail assez particulier chez une jeune femme, mais utile à ses péripéties extérieures parfois. Pendant ce ce temps, l'homme sortit un dossier dont il versait le contenu sur la table. Trois parchemins écrits dans un grec ancien.

- Voilà ce qui va éveiller votre intérêt Miss Croft. Supposa le vieil homme en souriant. Euh !, Connaissez-vous le grec ancien. Car voici trois manuscrits, deux en grec du premier siècle et le troisième du douzième siècle.
- Hum ! Je ne sais pas le lire parfaitement. Mais je saurais prendre connaissance de la teneur sommaire du texte. En ce qui concerne les mots incompréhensibles, sans doute me direz vous leur sens. Je vous fais confiance. Elle dit cela poliment et effectivement, son intérêt fut éveillé.
- Avant tout, Miss Croft, j'aimerais vous rassurer sur mes intentions. Il y a de cela un an que j'ai cessé toute activité et toutes relations avec mes anciens employeurs, si on peut les nommer ainsi.

Ses mots à peine prononcés que l'homme laissa choir sa tête sur la table, une lame plantée dans la nuque. Vif comme un chat, Lara se projeta par en arrière pour effectuer un tour sur elle-même et retomber sur ses pieds. Durant ce mouvement, la jeune femme sentit une légère chaleur appuyée sur sa cuisse droite, entaillant légèrement sa jupe et sa peau. Relevée, elle vit s'écrouler le serveur apportant la boisson de Hoccard. Elle chercha du regard l'agresseur, mais ne perçut rien à l'exception de deux paysans marchant à quelques mètres dans la direction opposée et un homme apeuré derrière la porte du café. Comme elle s'attendait à une autre attaque, elle fit basculer une table sur sa gauche pour en faire un bouclier de fortune et s'accroupit derrière celle-ci. Vraisemblablement, Lara reconnaissait bien sa situation précaire derrière cette paroi de plastique rigide. Elle évalua donc les issues possibles et avisa une orientation probable. Si elle faisait rapidement, elle pourrait se retrouver derrière un pan de mur de briques situé à quatre mètres. Elle n'osait pas jeter un coup d'oil au-dessus de la table, de peur de recevoir une lame car l'agresseur démontra une excellente visée. Lara mit son sac en boule et l'éleva pour que celui-ci paraisse au-dessus de la table comme étant sa tête. À peine fut-il élevé, qu'elle sentit sa main, tenant le sac, avoir un mouvement de recul. Elle profita de cet instant pour s'élancer vers l'arrière du mur. Avec grâce et souplesse, Lara réussit à se retrouver derrière un meilleur abri. Elle attendit en écoutant intensivement le moindre son. Un léger frottement sur le sol lui parvint. Elle se concentra pour reconnaître la provenance exacte du bruit. Il lui venait de sa gauche et de biais.

L'homme, vêtu d'un pantalon et d'une chemise noirs, lança un léger juron. Il venait de manquer sa deuxième cible et non la moindre. Il avisa le serveur qui sortait de la pièce et jeta de tout son adresse sa troisième lame. Celle-ci atteignit la cible dans le dos, à la position du cour. L'homme sourit en entendant le son fatal de sa victime qui s'écroula sur le sol dans un fracas de vaisselles cassées. L'homme voyait une ombre au-delà de la porte d'où venait le serveur, mais il percevait la crainte du malheureux qui préférait ne pas s'aventurer à l'extérieur. Comme un prédateur imbu de sa force, l'homme dédaigna cette victime pour sa faiblesse et attendit que l'autre, plus intéressante, commît une erreur. Il scruta dans la pénombre l'endroit où une table fut élevée comme une rambarde. Soudain, il vit une ombre qui apparaissait doucement au sommet de la table. " Voilà la faute que j'attendais " ricana-t-il silencieusement. Il cerna la forme ovoïde dans son regard et lança sa dernière lame. Dès que la lame toucha la cible, il fut étourdit par une série de visions filant rapidement devant lui, laquelle s'accompagna d'un léger bruit de pas et d'un frottement sur le sol. Tout cela passa tellement vite qu'il ne discerna pas ce qui venait de se produire et il crût que sa cible avait agonisé dans un mouvement désordonné. Et il fit la véritable erreur ; il ne vérifia pas l'état de sa cible.

L'homme, très agile et vigoureux de corps, descendit de son perchoir temporaire en se laissant glisser jusqu'au sol de bois. Il était à trois mètres de sa première cible et se dirigea vers la table pour quérir ce qu'il désirait. Il marcha lentement en écoutant, afin de ne pas se faire surprendre par l'ombre qui demeurait peut-être encore derrière la porte. Parvenu à la table, il jeta un coup d'oil vers la porte et remarqua que le propriétaire de l'ombre s'était évaporé. Il ouvrit son sac pour y enfouir les manuscrits. Dans un fracas abominable, le coté opposé de la table s'écroula sur le sol tandis que l'autre côté, celui où il glanait son butin, alla heurter violemment sa mâchoire. Le voleur fut éjecté vers le haut d'environ un pied et retomba en titubant sur le sol, la mandibule brisée. Un couteau vint achever la besogne et l'homme rendit l'âme.

Lara suivit la silhouette d'où émanaient les frottements sur le sol. L'homme, car la silhouette avérait ce genre, sembla l'avoir oublié. Par instinct, elle sut qu'elle pourrait le surprendre et voulait effectuer la surprise de belle façon. La jeune femme grimpa sur le parapet et évalua la distance qui la séparait de la table. Sachant que l'agresseur s'intéressait aux manuscrits, elle trouva le moyen de le mettre hors de combat définitivement. Elle avisa le côté opposé de la table et prit un élan. Lara, vive et agile, atterrit sur le bord de la table. Les soutiens de la table cassèrent, ce qui fit élever le côté opposé de celle-ci vers le haut, lequel frappa fortement l'homme qui s'apprêtait à ramasser les manuscrits.

Elle jeta un regard sur l'homme rapidement et lui trancha la gorge pour que celui-ci cesse ses gigotements. Il avait une sale gueule pensa-t-elle. Le pauvre aurait sans doute fait une syncope en voyant sa mâchoire au niveau du front. Elle chercha dans les pochettes de sa chemise et son pantalon pour glaner des indices sur son identité, mais celui-ci ne porta rien de ce genre, sinon un papier contenant le nom du café et celui de la ville. Lara sursauta un peu quand l'homme qui s'était retiré dans la pièce apparut derrière elle.

- Mon fils, Mon fils, il a tué mon enfant. Pleura bruyamment le vieil homme.
- Vous feriez bien d'appeler les urgences, votre fils n'est peut-être pas mort. Elle dit cela pour le rassurer, mais elle se doutait bien que celui-ci n'eut aucune chance avec un tel professionnel.
- Vous croyez Miss, répondit l'homme incrédule. Et il retourna prestement dans son café pour quérir les autorités.

Lara prit les manuscrits sur la table et s'orienta vers sa moto. Pauvre homme se dit-elle avec une compassion non feinte, au mauvais endroit au mauvais moment. Elle fourra les objets dans le sac sur sa moto et y prit ses étuis ainsi que ses armes ; ses deux inséparables Beretta F 92. Elle se ceignit de ses étuis et enfourcha sa Norton Streetfighter.

Lara stationna sa Norton et se dirigea vers l'hôtel qui avait loué sa chambre. Elle se rendit au comptoir pour y quérir sa clé quand la femme de service l'avisa d'un colis.

- Quelqu'un est venu vous porter ceci, Miss Croft. Expliqua la jeune réceptionniste.
- Vous savez qui sait, demanda Lara en analysant le paquet.
- Oh ! C'est un livreur express, mademoiselle Croft.
- D'accord et merci. Dit Lara en allant vers l'escalier qui le menait à sa chambre.
- Miss Croft, cria la réceptionniste, vous oubliez votre clé.
- Désolée, j'étais quelque distraite.

La jeune femme lui remit sa clé en souriant et regarda Lara avec une certaine envie. Comme elle aurait aimé connaître cette vie de voyage.

- Miss, vous êtes anglaise n'est-ce pas ? Demanda la réceptionniste juste avant le départ de Lara.
- Ne l'avez-vous pas reconnu à mon accent, mademoiselle, avait rétorqué Lara.
- Euh ! Vous savez moi et les accents. Avait répondu la jeune grecque un peu gênée.
- Oui, je suis bien anglaise et merci de vous intéresser à moi ainsi, mentionna en souriant Lara.
- Oh ! La jeune devint rouge sur ces mots et ajouta pour terminer la discussion, j'aime bien connaître les clients qui viennent ici.

Lara monta rapidement les marches avec son colis mystérieux ainsi que ses sacs contenant les manuscrits et ses Beretta. Elle avait laissés ses étuis sur elle, mais personne n'y prêta une attention particulière parmi les gens qu'elle rencontra sur le trajet.

Elle déposa ces objets sur le lit et prit le paquet en particulier. Elle le scruta un peu plus en le soupesant et en l'agitant faiblement. Elle n'entendit rien durant cette investigation et l'ouvrit en coupant la corde qui cernait l'emballage de papier brun. Le colis contenait une lettre écrite à la main et un carnet. Elle prit la lettre :

" Cher Miss Croft, veuillez m'excuser premièrement pour cette rencontre avec Monsieur Louis Hoccard. J'ai effectivement prit la peine de vous référer à celui-ci pour cette besogne très particulière. Je connais vos talents archéologiques que votre père vous a enseigné et pour cela je vous savais qualifié pour cette recherche.
Le carnet ci-joint vous apprendra un peu plus sur la Cité souterraine à laquelle devraient vous mener les manuscrit de Louis.
Votre dévoué ami, Professeur Hellington "

Elle attrapa donc le carnet et l'ouvrit. Le titre, grossièrement noté, mentionnait ceci : Ihdi Oros et le Cité souterraine. La note qui suivait expliquait que le mont Ida sur l'île de Crète pouvait cacher l'entrée de cette cité d'après trois manuscrits dont l'un fut sans doute écrit de la main de l'apôtre Paul. Incroyable ! Siffla-t-elle entre ses dents. Connaissant la passion du Professeur Hellington pour les reliques chrétiennes du premier siècle, elle venait de saisir son intérêt pour cette affaire. Mais pourquoi ce cher professeur n'a-t-il pas entreprit de recherches lui-même, se questionna Lara. Elle dut admettre que l'âge avancé de celui-ci, 78 ans, pouvait être la seule raison évidente. Par respect pour l'amitié que celui-ci avait portée à son père, Lord Croft, elle se promit qu'elle prendrait cette recherche en main, mais sans avant avoir reçut, au préalable, des conseils de cette homme.

Elle déposa le carnet ainsi que les autres choses, manuscrit et Beretta, dans son sac et alla composer le numéro de la réception. Elle demanda à préparer sa note et de confirmer une réservation pour le premier avion pour Londres.

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