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L'école

L'école, Chapitre 4, par Pitoch, le 09 juillet 2003.

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Chapitre 4

- Eh doucement !
- Arrête de geindre, West !
Lara termina le noeud de cravate d'Alex. Elle serra le tout, plissa le costume avec les mains et arrangea son ami. Elle jeta un oeil critique sur Indiana Jones, mais il portait beaucoup mieux le costume que West.
- Bien, vous êtes prêts ! finit-elle par dire.
- Et toi, t'es encore en peignoir ! remarqua Alex.
- Oui, j'y vais. J'en ai pour une petite heure. Attendez-moi.
Lara s'enferma dans la salle de bains de la chambre d'hôtel qu'ils avaient pris dans le centre de Sydney. Elle n'en ressortit que deux heures plus tard, enfin prête. Les deux hommes se levèrent pour l'accueillir. Elle portait des chaussures à talons, très fines, une jupe serrée, un chemisier blanc sous un tailleur très strict, deux longues boucles d'oreille et une paire de lunettes très " pro ". Elle s'était également discrètement maquillée et avait attaché ses longs cheveux en un chignon aussi strict que joli.
- La classe... murmura Indy.
- La super classe, renchérit Alex.
- Bien, nous sommes donc bien en phase ? demanda Lara. Je représente un multimilliardaire passionné de livres anciens et rares, et je viens me renseigner sur le vol qu'a subi Banks. Vous êtes mes... gardes du corps, étant une faible femme.
- S'ils savaient ! plaisanta Alex.
- Donc, en gros, pas un mot de votre part ! Vous êtes là pour me protéger. Donc statures droites, mains croisées devant, et tronches à faire peur. Même toi, Indy. Va falloir me laisser m'occuper de tous les débats !
- J'ai compris, j'arriverais à me retenir, répondit Indy.
Lara leur tendit ses deux magnums, qu'ils rangèrent dans leur holster. Elle empoigna son attaché-case et ils sortirent tous les trois de l'hôtel. Bien évidemment, ils s'étaient débrouillés pour se retrouver non loin de l'imposant immeuble du magnat de la presse. Ils s'y engouffrèrent, Lara marchant devant les deux hommes en costume d'un pas décidé. Elle se présenta devant les deux hôtesses de l'accueil.
- Je suis Miss Croft, dit-elle sévèrement. J'ai rendez-vous avec M. Banks.
- Un instant, je vous prie, répondit une des hôtesses en décrochant le téléphone. Karen ? C'est Julia. Ca va ? Oui... Oui... Oh, m'en parle pas !... Quoi ?... Si, hier ! Faudra trop que je te raconte !... Oui... Tu m'étonnes !... J'en étais sûre ! Je te l'avais pas dit ?... Hein ?... C'est clair... Tiens, tu connais pas la dernière ?... Il paraît que...
Lara venait de poser sa mallette sur le comptoir en verre, en la claquant si fort que le bruit fit sursauter toutes les personnes présentes dans le hall d'entrée. L'hôtesse bondit de surprise, lâchant un petit cri. Devant l'air parfaitement neutre de Lara, qui la regardait, elle réajusta le combiné à son oreille.
- Karen ? J'ai Miss Croft pour le grand patron. Elle dit avoir rendez-vous... Très bien.
La jeune femme raccrocha et regarda Lara, dont le visage devenait de plus en plus sévère.
- Avez-vous une pièce d'identité ? demanda-t-elle timidement.
Sans répondre, Lara sortit un passeport au nom d'Angelina Croft, que lui avait fabriqué Bryce avant son départ. Elle ne s'en était pas servi officiellement à la douane, bien sûr, mais elle se doutait que ça pourrait lui servir. La jeune hôtesse y jeta un coup d'oeil rapide.
- Merci, Miss, dit-elle. Prenez l'ascenseur 14, au dernier étage. Bonne visite !
Lara ne lâcha pas le moindre remerciement. Elle reprit sa mallette et partit vers les ascenseurs, suivis par ses deux gardes du corps de fortune. Pendant la montée, Lara repéra discrètement les divers systèmes de surveillance installés. C'est pourquoi tous les trois restèrent silencieux pendant tout le trajet vertical. Enfin, l'ascenseur s'ouvrit au 84ème étage. Ils s'engagèrent dans un couloir très classe, avec moquette épaisse, tableaux sur les murs, éclairages très doux. Au bout du couloir, le bureau de la secrétaire particulière et, près d'elle, un vigile assis sur une chaise, en train de lire un journal.
- Miss Croft, je suppose ? demanda la secrétaire.
- Banks est disponible ? s'enquit Lara en guise de réponse.
- Oui, il vous attend. Je vous en prie.
Elle désigna une lourde porte à double battant. Lara s'en approcha, faisant réagir le vigile. Il se leva, empoigna un détecteur et s'inclina poliment devant la jeune femme. Lara écarta les bras et se laissa faire. Le scannage fut rapide, le vigile ayant pris bien garde à ne jamais toucher la jeune femme. Il la laissa enfin passer, et Lara entra dans le grand bureau, seule.

Bureau. L'emploi de ce mot relevait plus de l'euphémisme que de la réalité. Tout, dans la pièce dans laquelle Lara venait d'entrer, était démesuré. Les proportions étaient immenses, et la " table ", à défaut d'autres mots, était proprement monumentale. Derrière ce bureau se trouvait Stevenson Banks, un bel homme d'une trentaine d'années, vêtu d'un costume à la coupe impeccable. Debout derrière lui se tenait une jeune femme, d'une vingtaine d'années, d'origine asiatique, probablement chinoise.
- Miss Angelina Croft, je suppose ? fit Banks d'une voix forte, Lara étant encore loin de son interlocuteur.
Lara inclina la tête et s'approcha du bureau.
- Asseyez-vous, et mettez-vous à l'aise, Miss Croft, continua-t-il. Vous désirez quelque chose à boire, peut-être ? Un cigare ?
- Un jus d'orange m'ira parfaitement, répondit Lara.
- Belle et sage, je vois, sourit-il.
- Je souffre du mal principal de notre monde : le souci de l'apparence.
Banks la salua de la tête, en souriant, et fit un petit geste à la fille derrière lui. Celle-ci partit en direction du bar, dans un coin de la pièce. Lara la suivit du regard, ce qui n'échappa pas au milliardaire.
- Ling Li, dit-il. C'est à la fois mon bras droit, et ma " femme-à-tout-faire ". Elle me sert également de garde-malade.
- Garde-malade ? s'étonna Lara.
En guise de réponse, Banks souleva les deux jambes vides de son pantalon.
- Souvenir de mes débuts en tant que grand reporter, expliqua-t-il.
- Je vois...
- Alors, dites-moi, Miss Croft ? Que me vaut le plaisir de ce rendez-vous ?
Lara attrapa le verre que lui tendit la jeune chinoise. Elle sirota quelques gorgées succulentes.
- Eh bien, comme je l'ai expliqué à votre secrétaire par téléphone, je représente un groupe de personnes très riches, qui ont mis en commun une grande collection de livres très anciens et très rares. Hors, ces personnes ont appris récemment la... " perte " de plusieurs de ces livres dans différentes bibliothèques, nationales, ou, comme la votre, privées.
- Je comprends... Continuez, je vous prie.
- La presse, ainsi que leurs différentes relations, s'étant montrées extrêmement discrètes, ils m'ont envoyée vers vous pour avoir des précisions.
- Des précisions ? Sur quel sujet ?
- Sur le type de livre que vous avez... " perdu ".
Banks se cala dans le dossier de son fauteuil et joignit les mains devant lui, sans quitter Lara des yeux. Il resta silencieux quelques minutes.
- Miss Croft, je pense que vos employeurs ont fait fausse route, finit-il par dire.
- Vraiment ? Dans quel sens ?
- Dans le sens où le livre que j'ai perdu n'est ni rare, ni ancien. Il a juste une valeur sentimentale pour moi.
Ce fut au tour de Lara de garder le silence. Elle dévisagea son interlocuteur un moment, puis se mit à sourire. Banks leva un sourcil interrogatif.
- Vous êtes en train de me dire que quelqu'un de mal intentionné vous aurait volé votre édition d'enfance de Oui-Oui à la Plage ?
Le milliardaire eut un grand éclat de rire. Mais il reprit aussitôt son sérieux.
- Si j'oublie l'insulte présente dans votre remarque, je dirais que oui, c'est un peu dans cet ordre d'idées.
- Je n'en crois pas un mot, M. Banks. Mes employeurs ne m'auraient pas envoyée pour une valeur sentimentale.
- Désolé de ne pas pouvoir vous aider, Miss Croft, dit-il en désignant la porte.
Ils se toisèrent un moment du regard, puis Lara se leva. Elle inclina la tête devant Banks et se dirigea vers la porte, accompagnée par la jeune chinoise.
- Je trouverais le moyen de savoir, dit-elle en sortant.
Une fois dehors, elle se dirigea vers l'ascenseur d'un pas décidé, aussitôt suivie par Alex et Indy. Ils sortirent de la tour, traversèrent la rue et retournèrent dans leur chambre d'hôtel. Lara laissa alors exploser sa colère et sa frustration.
- Il s'est foutu de ma gueule ! cria-t-elle en défaisant rageusement son chignon. Il n'a pas été dupe, et vous savez pourquoi ? Parce que cette petite pute avec lui est celle qui m'a volée ! J'en mettrais ma main à couper ! Même carrure, même souplesse. Et comme elle est chinoise, elle maîtrise les arts martiaux ! C'est pour ça qu'elle m'a battue ! Quelle malchance ! Maintenant on sait qu'il est le méchant de l'histoire, mais il sait aussi qu'on est sur l'affaire !
- Euh, Lara, réussit à intervenir Indy.
- Quoi ? Vous êtes pas d'accord. ? C'est pourtant évident !
- C'est pas ça, mais...
- Tu ne te rends pas compte de ce que tu fais quand tu es en colère, continua Alex.
Lara le foudroya du regard, puis comprit soudain. Elle avait commencé à se changer en faisant son monologue, et elle était maintenant en culotte et soutien-gorge devant ses amis.
- Et alors ? finit-elle par dire, essayant de garder son aplomb. On fait des galipettes ensemble, et Indy a déjà vu une femme en sous-vêtements, non ?
Sans attendre de réponse, elle alla s'enfermer dans la salle de bains en claquant violemment la porte derrière elle.

Quand l'avion atterrit sur la piste, Lara était encore en pleine forme. Douze heures de décalage horaire avec un petit somme pendant le vol, et son esprit avait l'illusion d'être reposé. Pour la deuxième fois en moins d'un an, elle sortit de l'aéroport de Roissy avec une mission en tête. Après le Louvre, elle devait investiguer la grande bibliothèque de Paris. Elle vérifia qu'elle avait suffisamment d'euros et s'engouffra dans un taxi libre.
- A la bibliothèque François Mitterrand, s'il vous plait, dit-elle en français, avec son fort accent.
- C'est parti, Miss... commença le chauffeur.
Elle ne comprit pas le dernier mot, mais se douta qu'il ne devait pas être agréable, étant donné que le chauffeur était l'archétype même du français tel qu'on les caricaturait au Royaume-Uni : gros, sale et impoli. Tout le monde ne pouvait pas être Beauchamp, se dit-elle. Lara regarda défiler le paysage comme le taxi s'approchait de Paris. Soudain, la voiture s'engagea dans une bretelle et s'arrêta dans une station service.
- Je dois faire le plein, expliqua-t-il. Vous inquiétez pas, ma p'tite dame, je coupe le compteur !
Lara hocha mollement la tête. Le chauffeur sortit faire le plein. Le manque de mouvement allié à sa fatigue la fit tomber lentement dans le somnolence. Elle était à deux doigts de s'endormir pour de bon quand sa montre sonna, la réveillant en sursaut. Elle coupa l'alarme et se rendit alors compte que le chauffeur était parti depuis un moment déjà. Et elle comprit soudain. Sans perdre une seconde, elle attrapa sa mallette, ouvrit la porte et se mit à courir à travers champ. Le bruit de la détonation la coucha sur le sol : la station service venait de partir en fumée par une violente explosion. Lara, assise dans l'herbe, essoufflée, regarda les volutes de fumée noire s'élevait dans le ciel.
- Banks n'a pas gobé mon histoire, cette fois, c'est clair... se dit-elle.

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