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L'article de Sega Saturn Magazine

Novembre 1996


Femme fatale

Le Scion - peut-être l'artefact magique le plus puissant qui ait jamais existé. Évidemment, tout le monde est à sa recherche, mais seule Lara Croft possède l'art et la manière de retrouver cette petite chose. Rob Bright l'a accompagnée lors de ses aventures dans Tomb Raider.

La vérité peut enfin être révélé : Lara Croft est une aristo ! Oui, son père est Lord Heninshingly Croft, arch-aristo de Guffaw Manor, ou un truc du genre. Après avoir fini l'école, où elle a écrit son mémoire sur « L'exploitation des pauvres et les meilleures méthodes », elle a décidé de faire une pause. Mais pour aller où ? Monaco ? L'appartement à Vienne ? Ou peut-être juste Knightsbridge, pour dépenser beaucoup d'argent et fréquenter les cafés les plus prétentieux ? Oh, quelle angoisse ! Quelle agonie !

Après une visite chez son Manager de développement psychologique, elle a décidé de prendre des vacances dans une station de ski pour les nantis. Pas un truc du genre la Bulgarie, où on vous oblige à aller en voyage scolaire. En fin de compte, le choix s'est avéré plutôt désastreux. Sur la route du retour, rafraîchie et en route vers une vie de loisirs, son avion s'écrase, tuant tout le monde sauf Lara. Titubant pour sortir de l'épave, Lara se retrouve isolée en territoire hostile - le genre d'endroit qui n'accepte pas les cartes de crédit et n'a aucun respect pour les membres de l'aristocratie britannique. Dans cette situation, Lara n'a d'autre choix que de se tourner vers les habitudes de natifs. Après une brève période à boire de l'eau trouble et à manger racines et vers de terre, notre héroïne découvre qu'en fait, elle aime vivre comme une sauvage, et décide de commencer à explorer les environs. Durant les années qui suivent, elle apprend à faire sans le chauffeur de limousine et les petits déjeuners au champagne, et son intérêt pour le shopping se transforme en intérêt pour l'archéologie. Et elle ne se débrouille pas trop mal, découvrant les artefacts avec une nonchalance affirmée. Naturellement, sa réputation se répand, et bientôt on fait appel à elle pour retrouver des artefacts aux quatre coins du globe. Sa dernière mission est commandité par une mystérieuse organisation qui l'emploie pour retrouver un objet appelé le 'Scion'. Avec deux pistolets et un accent châtié pour toute protection, Lara explore les vestiges de quatre civilisations anciennes, où le danger l'attend à chaque recoin. Bon peut-être pas à chaque recoin, mais dans pas mal d'entre eux.

C'est ici que vous, le joueur en herbe, entrez en scène. Il y a toutes sortes de contrôles à votre disposition pour que Lara coure, saute, escalade, marche de côté, saute en arrière, , attarpe les rebords, roule, tire, nage - elle peut à peu près tout faire, vraiment. C'est une bonne chose qu'elle soit athlétique aussi, parce qu'il y a beaucoup de terrain à couvrir et une armée d'ennemis qui vont des loups aux crocodiles et un nombre varié d'êtres humains. Il y a en tout quatre mondes, séparés en un certain nombre de niveaux, qui comportent des tâches à accomplir, certains basés sur ces énigmes, d'autres requérant une exploration intensive, et d'autres où la priorité est clairement placée sur les combats. Des cinématiques ponctuent le jeu ici et là pour expliquer l'histoire, et l mystère s'épaissit à mesure que vous progressez. Mais qu'est-ce exactement que le Scion ? Hum... il vous faudra le découvrir par vous-mêmes.

Rejouez-y en... Core

Ils sont malins chez Core. C'est peut-être l'air de Derby. Ou peut-être qu'ils connaissent bien les jeux vidéo. Ils savent qu'avec un jeu comme Tomb Raider, les joueurs auraient tendance à le reposer sur l'étagère une fois terminé (ce qui n'est déjà pas facile en soi). Donc, une fois que vous avez résolu toutes les énigmes, ennemis et niveaux, le jeu vous propose l'option d'y rejuer en 'Action Mode'. Ce mode vous permet d'élimier toutes les énigmes et de vous concentrer sur l'action, le jeu devenant un vrai shoot 'em up. Les ennemis se régénèrent, ce qui signifie que vous pourrez y jouer sans fin. Merci Core !

Humeur musicale

L'un des attraits les plus impressionnants de Tomb Raider, c'est la façon dont la musique correspond à l'action. Plutôt que de jouer constammant, la musique ne se déclenche qu'à certains moments. Si, par exemple, un ennemi particulièrement vicieux surgit, une musique sombre et dramatique va être jouée. Et si vous pénétrez dans une salle grandiose, comme l'immense salle du Monument Saint Francis, la musique est davantage rêveuse et sereine. Ahhh.

Inconnus en approche

Vos ennemis ne se résument pas à des lions, loups, chauves-souris et autres membres du royaume animal, il y aussi des humains, des bipèdes dans toute leur splendeur. Ainsi, il y a quelques mecs suspects que vous croiserez. Dans le Colisée, le mystérieux Pierre Dupont surgit. Et, dans la vallée des dinos, c'est Larson - le mec qui vous avait engagée au départ - arrive pour vous dézinguer et emporter le morceau du Scion. On ne peut vraiment faire confiance à personne, n'est-ce pas ?

La nymphe de l'eau

Tomb Raider propose de nombreux niveaux avec des passages sous-marins, donc ce n'est pas plus mal que Lara soit une nageuse hors-pair. Malheureusement, Lara est une humaine et non un poisson, donc le temps qu'elle peut passer sous l'eau est limité. Son niveau d'oxygène est représenté par une barre bleue qui descend graduellement. Quand elle est épuisée, une barre dorée apparaît qui descend très vite. Si Lara ne refait pas surface avant que cette barre ne disparaisse, elle se noie dans des convulsions horribles.

À l'art-taque !

Ça fait plaisir de voir un jeu produit en Grande-Bretagne qui présente des graphismes aussi jolis, qui peuvent facilement rivaliser avec ce que les grands noms américains ont pu produire. Core a aussi produit des images promotionnelles de haute qualité, comme ce qui se trouve sur cette page [NDT : vous pouvez trouver la plupart d'entre elles dans la galerie]. Ils battent à plate couture les croquis esquissés à la va-v-ite que nous envoient certains studios, c'est clair. Certains lecteurs auront peut-être remarqué les screenshots en super haute résolution du dernier numéro. À cette résolution, la Saturn ne peut pas bouger rapidement, mais nous voulions vous montrer le détail du jeu. Hourrah pour Core ! Hourrah pour l'Angleterre ! Et hourrah pour le reste du monde (soyons généreux) !

Avant-goût

Juste pour vous mettre en appétit, voici un avant-goût de ce que vous pouvez attendre dans certains des niveaux de Tomb Raider. Bien entendu, les choses se corsent à mesure que vous avancez dans le jeu. Nous ne vous montreront que quelques morceaux choisis dans les deux premiers mondes, pour ne pas vous gâcher la surprise. En commençant par le Pérou...

Monde 1 : Vilcabamba
En voyageant au sommet des Andes, Lara se retrouve aux portes d'une ancienne cité inca connue sous le nom de Vilcabamba, cachée au cœur de la montagne. L'introduction en FMV montre le guide de Lara attaqué et tué par une meute de loups lorsque les gigantesques portes s'ouvrent. Vous voilà prévenus, il ne s'agira pas d'une promenade de santé.

Les cavernes
Les premiers pas de Lara l'amènent à l'entrée d'une caverne dans la montagne. D'entrée, elle est attaquée par des fléchettes sortant des murs, juste comme dans lintroduction des Aventuriers de l'Arche perdue. Il n'y a pas beaucoup d'ennemis dans cette première section, même si, lorsque Lara arrive en vue des ruines de la cité et traverse des ponts suspendus, elle a la possibilité de se mesurer à un ours.

La cité
Alors que Lara franchit les portes de la cité, elle affronte immédiatement une meute de loups. Si ses pistolets sont dégainés, elle visera automatiquement, si toutefois elle fait face à son ennemi. Une fois les loups éliminés, c'est le moment d'explorer ! L'action se diversifie un peu lorsque Lara peut aller nager. Cela la mènera à d'immenses chambres immergées et il lui faudra trouver comment rejoindre la surface au plus vite avant que sa barre d'oxygène ne s'épuise. Dans la cité, certaines portes sont dermées à clé tandis que d'autres s'iuvrent à l'aide d'un levier. Trouver les clés devient ainsi une priorité.

La vallée
Les choses se corsent pour de bon lorsque vous découvrez la vallée. Il y a des tas de loups rôdant partout, des pièges dans les rochers et une bonne dose d'escalade à accomplir. Un squelette humain vous met en garde : le danger est proche. À peine avez-vous pénétré dans la vallée qu'un dinosaure montre son nez. Il y en a quelques-uns dans cet endroit. La plupart d'entre eux ne sont que des raptors, mais il y a un énorme T-Rex qui se balade. Croisez les doigts pour que votre fusil à pompe suffise !

Tombe de Qualopec
C'est la dernière partie du monde de Vilcabamba, et sans aucun doute le niveau le plus difficile jusqu'ici. L'entrée de la tombe mène à de nombreux corridors. Par exemple en descendant l'un d'entre eux, elle déclenche un piège - le classique boulet dévalant une pente des Aventuriers de l'Arche perdue ! Il y a toutes sortes de pièges à piques dans ce niveau et certaines énigmes impliquant des leviers déplaçant des blocs.

Monde 2 : le Labyrinthe
Après le monde inca, le mystère s'épaissit. Une impressionnante cinématique montre Lara s'introduisant dans les quartiers généraux de son employeur, Natla Technologies, car elle commence à soupçonner qu'on la manipule. Son voyage l'amène ensuite au monde de l'antiquité classiques, dans des ruines gréco-romaines, recherchant des traces du passé.

Le Monument Saint Francis
Les ennuis commencent dès l'entrée du monument. Deux lions gardent l'entrée de la salle suivante. Si vous vous en débarassez, vous pourrez vous concentrer sur le gorille qui vous attend ensuite. D'accord, ce n'est pas très syma de tuer tous ces jolis animaux, mais c'est pour du faux alors c'est pas très grave. Si vous vous en tirez avec ces espèces en voie de disparition, l'exercice principal réside en des sauts à calculer au millimètre pour passer de pilier en pilier jusqu'à l'entrée d'une salle labyrinthique où quatre portes portent le nom de quatre dieux - Atlas, Neptune, Thor et Damocles.

Le Colosseum
Si vous parvenez à ouvrir la porte du niveau suivant, vous serez immédiatement confrontés à la traversée d'un puits où rampent deux crocodiles. C'et ici que les mouvements de Lara, tel que le fait de pouvoir se glisser le long d'une faille dans le mur accrochée du bout des doigts, se révèlent très utiles. Une fois dans le colisée, vous retrouvez bien sûr des lions mais aussi l'occasionnel gorille, qui se meut de façon étrange. À nouveau, il y a beaucoup d'escalade dans ce niveau, comme vous vus y attendiez sans doute.

Le Palais de Midas
L'un des moyens d'accéder au Palais de Midas est par la voie sous-marine, en entrant via un bassin - lequel est, en passant, décoré de jolis dauphins. Vous pouvez emprunter différentes routes, et il y a de nombreux lions, gorilles et crocodiles qui se baladent. Il y a aussi un jardin intérieur, dont l'accès n'est garanti que si vous trouvez les leviers adéquats. Vous pouvez aussi aller admirer la statue du roi Midas par vous-mêmes.

Le test

Après des années de développement, Tomb Raider est enfin prêt pour sa sortie. Et il n'a pas seulement l'air magnifique. Il a l'air de valoir la peine d'attendre. Ce logo sur la droite le prouve [NDT : le magazine lui a donné la note de 92%].

Il y a quelques années, Core Design était un petit studio de la ville de Derby, célèbre pour le jeu Chuck Rock sur Megadrive. Chuck Rock n'était pas mauvais, mais ce n'est qu'avec l'arrivée de la Mega-CD que nos potes de Core ont accédé à la cour des grands avec l'excellent shoot 'em up en 3D qu'est Thunderhawk. Depuis lors, ils se sont auto-proclamés maîtres du genre action en 3D, avec une série de titres semblables tels que Shellshock et Battlecorps. Tomb Raider est le dernier poulain de polygones créé dans leurs écuries, et le premier à avoir un être humain normal pour personnage central.

Le jeu fonctionne simplement comme ceci : vous vous trouvez dans un certains nombres de niveaux en 3D, que vous pouvez explorer à loisir. Cependant, certaines sections sont bloquées par une porte ou une grille et il vous faudra trouver la clé/le levier/l'objet pour l'ouvrir. Au long de votre voyage, vous rencontrerez des animaux sauvages (à la fois réels et mythologiques) qu'il vous faudra éliminer avec vos pistolets ou éviter grâce à vos capacités acrobatiques. Il y a des plateformes à conquérir, de longues chutes, des segments sous-marins et des très nombreuses autres menaces pour votre personne.

Le but du jeu est de retrouver des tonnes d'artefacts au sein de temples oubliés et autres monuments. Le scénario tourne autour de Lara Croft (votre personnage), engagée par une mystérieuse société pour retrouver les trois morceaux d'un objet mystique ancien. Cela se matérialise par des entractes lors de l'exploration, avec des combats échevelés contre un autre être humain. Vous voyez, hormais les représentants du royaume animal, Tomb Raider met aussi en vedette un certain nombre de chasseurs de trésors sur la même piste. Vous pourrez parler à certains d'entre eux, tandis que d'autres essaieront de vous tuer à de nombreuses reprises. C'est assez sympa, et cela ajoute un élément d'urgence dans une ambiance qui aurait autrement pu être relativement ennuyeuse étant donné la nature explorative des événements.

Heureusement, ce n'est pas le seul point positif : le personage principal est très polyvalent et capable d'effectuer un grand nombre de sauts, de bonds et de tirs. Tous ceux-ci seront essentiles à un point ou l'autre du jeu, donc il vous faudra maîtriser les commandes. Chaque niveau individuel a été joliment élaboré, en se basant sur d'anciennes civilisations pour produire des ruines authentiques. C'est l'envie d'explorer qui rend Tomb Raider attirant. Le rythme de l'action est assez calme, donc si vous vous attendez à Indiana Jones, détrompez-vous. Les premiers niveaux sont assez faciles, avec seulement quelques leviers à baisser pour progresser vers la gloire. Après ça, le niveau de difficulté augmente rapidement vers 'Vraiment, vraiment très difficile'. C'est d'ailleurs ma seconde critique envers Tomb Raider : les commandes qui requièrent une coordination au pixel près, et l'occasionnel lag entre le moment où l'on presse le bouton et l'action elle-même peut rendre le jeu extrêmement (EXTRÊMEMENT) frustrant. Tomb Raider n'est pas le genre de jeu auquel vous pouvez jouer juste dix minutes pour passer le temps. Core avance qu'il faut plus d'une centaine d'heures pour tout compléter dans Tomb Raider, et nous ne voyons aucune raison de les contredire. Mème si un tiers de ce temps sera sans doute passé à courir sans but dans les niveaux en vous tappant la tête contre les murs et en espérant trouver ce qu'il faut faire. L'ajout de l'Action Mode une fois que le jeu est fini ajoute à la longévité du titre.

Ma seule vraie critique par rapport à Tomb Raider revient au fait que le jeu ne semble pas assumer son atmosphère. C'est un magnifique jeu avec des graphismes superbes, qui a visiblement requis des tonnes de recherches et d'efforts à produire, mais pour une raison inconnue, il semble moins tape à l'œil que, par exemple, NiGHTS [NDT : NiGHTS était un jeu publié par Sega en 1996] ou n'importe quel autre jeu à gros budget. Non pas que ce soit un vrai problème. Si vous cherchez un jeu pour vous tenir compagnie par temps pluvieux, Tomb Raider est parfait. C'est un défi à long terme, beqaucoup de fun et l'un des meilleurs jeux que ce pays ait pu produire jusqu'ici.

Un jeu d'exploration classique avec des tonnes de gameplay. Un essentiel pour votre collection, qui vaut son prix !

Graphismes : 94
Son : 90
Jouabilité : 93
Durée de vie : 96

Note globale : 92%